Œuvre de Manon Régent
tous la laisse à la main, enchainés à leur chien.
Je me sens étrangère à ce monde asservi,
leurs désirs, leurs prières ne sont pas les miens.
Je déambule dans ces rues de grisaille vêtues,
où des femmes, aux regards ternes, voilent mal leur misère,
où des enfants sans rire, ce matin ne jouent plus,
où la tristesse règne dans les sourires éphémères.
Leurs visages décolorés ont l’air d’être figés,
le ciel semble s’enfuir sous le vent et la pluie.
J’essaie de m’envoler à tire d’ailes déplumées,
mais le temps me rappelle aux promesses de l’ennui.
Voici venu l’hiver dans son manteau de chagrin,
décembre gèle maintenant les joyeux sentiments.
Des gens se battent pour acheter leur sapin,
tandis que d’autres meurent de froid doucement.
Etouffés par la neige, les bruits se sont tus,
seules les cloches sonnent encore une oraison funèbre.
Le chant des oiseaux a lui aussi disparu,
le silence résonne alors jusqu’au morne pessèbre.


A l’aube fantomatique un esprit délaissé








