jeudi 18 novembre 2010

Sentir l'essence

Peinture de Frédéric BIOTTEAU, cliquez pour visiter sa galerie

Les passants d’une vie insensée sans tenants
N’aboutissent qu’au sein d’une impasse effacée.
Ressassant sans cesse leurs soucis lancinants,
Ils s’enfoncent ainsi enlacés au passé.

Leur jeunesse émoussée les laisse dans la nasse
Des angoisses salées salissant l’innocence,
Si loin de la surface ils se noient dans la masse
Sans savoir essaimer cette intense souffrance.

Asphyxiés de silence à n’être qu’esseulés,
Leurs cœurs si assommés ont perdu connaissance.
Sans amour à semer ils sont déboussolés
Et n’assument l’espoir que dans l’évanescence.

Ce soir, à leur insu, s’ensuit l’insaisissable :
Leurs soupirs essoufflés s’enchâssent sans qu’ils sachent
Que sonne leur salut, sous ces cieux chérissables,
Dans celui de cette âme enfin sœur sans attaches.

La foudre leur assène un sentiment soudain
Les poussant à s’unir pour panser leurs blessures,
Dans les cercles vicieux de ces deux citadins
S’insinue une issue, une douce cassure.

Leur destin capricieux se charge ainsi de sens,
Assassine l’errance en suscitant leur place.
Ensemble ils avancent vers leur seconde chance,
Suppliciant leurs sanglots sous cette action de grâce.

lundi 15 novembre 2010

Langage silencieux

Œuvre de Frédéric Biotteau, cliquez pour visiter sa galerie

Ton regard enfantin
Me livre cent paroles
Comme un miroir sans tain
De ton âme en corolle.
Dévoilant les matins
De ton cœur métabole,
Il se perd au lointain
Cherchant des paraboles.

Soudain dans un éclat,
Je l’aperçois railleur
Et j’entends les débats
De ton for intérieur.
Puis là tu parais las
De toujours être ailleurs
Sans trouver ici-bas
Notre monde meilleur.

Tu reviens incrédule
Te plonger dans mes yeux,
Interroger ma bulle
De tes mots silencieux.
Me voyant funambule
Sur tes « toi » capricieux,
Mon émoi tu modules
D’un clin d’œil mélodieux.

Enfin l’air d’un sourire
Fait danser ton visage
L’étirant jusqu’aux rires
Que bien sûr tu partages.
Ainsi je peux m’unir
A toi, mon doux mirage,
Pour alors t’endormir
Et rêver davantage.

dimanche 7 novembre 2010

Maléfique Angélique

Croquis de Frédéric Biotteau, cliquez ici pour visiter sa galerie
Sous le regard de l’aurore naquit Angélique,
Au cœur d’un somptueux palais chryséléphantin.
Cette princesse, d’une beauté mirifique,
Avait déjà l’éclat des soleils argentins.

Elle semblait sortir d’un de nos plus beaux rêves,
L’ange aux cheveux d’ébène avait tout d’une reine.
Bien plus exquise que toutes les filles d’Eve,
D’un charme enchanteur, elle reflétait l’Eden.

Ses parents la voyaient comme un cadeau des cieux
Car pendant tant d’années ils l’avaient espérée.
Ses yeux émeraude étaient pour eux plus précieux
Que tous les trésors réunis de la contrée.

La fille unique de l’empereur tout puissant
Grandissait trop choyée, traitée en enfant-roi,
Elle savait que son sourire éblouissant
Lui permettait chaque fois d’avoir tous les droits.

Le temps passait sublimant son apparence
Et gâtant toujours plus sa conscience de vices.
Nul ne soupçonna le rance sous l’élégance
Quand de vils complots remplacèrent ses caprices.

Ecœurée par la bonté de ses ascendants
Et lasse de devoir masquer son vrai visage,
Elle sentait gonfler un désir obsédant
D’enrayer le partage de son héritage.

Elle fomenta, avant l’âge de raison,
Un odieux plan pour engendrer son parricide.
Régner en despote était sa seule oraison
Mais sa soif de pouvoir la rendait peu lucide.

Quand sonna l’heure tant attendue de son crime,
Angélique commit une grossière erreur :
Elle omit la présence de cet anonyme
Missionné dans l’ombre comme son protecteur.

Il la vit se glisser dans la chambre impériale
Pour y déposer une offrande venimeuse
Et n’intervint enfin qu’à cet instant crucial
Où elle libérait sa vipère tueuse.

Prise en flagrant délit de haute félonie,
Elle fut bannie de son royaume à jamais.
Les Altesses, dans une tristesse infinie,
Chassèrent celle qui, malgré tout, ils aimaient.

Escortée au-delà des terres inconnues,
elle aurait tout donné pour faire marche arrière.
A vouloir tout avoir elle avait tout perdu
et pouvait à elle seule jeter la pierre.

dimanche 24 octobre 2010

Renaissance

Œuvre de Frédéric Biotteau, cliquez pour visiter sa galerie Vaincre les habitudes,
Délester cette enclume,
Briser la solitude
Et affronter la brume.

Ne plus vivre en arrière,
Oublier les hivers,
Ne plus être de pierre,
Avancer sans chimères,
Sortir de sa tanière,
S’unir à l’univers…

…afin de se laisser
Aller au gré des vents,
Se sentir exister,
Savourer chaque instant.

Ne plus craindre demain,
Se libérer d’hier,
Savoir tendre la main,
Ouvrir sa volière,
Redevenir humain,
Oter ses frontières…

…pour enfin s’essaimer,
Semer dans tous les sens
Un désir de s’aimer
Et d’effleurir l’essence.

jeudi 21 octobre 2010

Dédicace de Gorges le mercredi 13 octobre

Bonjour à tous !

Certains l'ont peut-être remarqué (ou pas) je poste moins de poèmes ces temps-ci. Je n'ai pas arrêté d'écrire bien sûr mais je travaille sur des formats plus longs et du coup ça me prend plus de temps. De plus faire "la promo" d'A fleur d'âme me prend pas mal de temps également.

J'ai fait ma première séance de dédicaces en solo le mercredi 13 octobre à la médiathèque " Au fil des mots" de Gorges (mon village d'enfance). Comme vous pouvez l'imaginer, j'étais stressée avant d'y aller mais j'ai été très bien accueillie et mes craintes se sont très vite envolées.

J'ai passé un très agréable moment là-bas. Le journaliste de Ouest France qui a écrit cet article est un homme adorable, Jean-Charles Raineteau est également auteur. Nous avons discuté un bon moment et c'était vraiment très sympathique. A la fin de notre entretien, il m'a même offert un de ses romans "Jardin de famille". Vraiment très gentil !!
J'ai ensuite rencontré un journaliste de L'Hebdo Sèvre & Maine, son article fort sympathique est paru jeudi 21 octobre. J'ai également passé un agréable moment de dialogue avec lui.
Je fais une autre dédicace samedi prochain (le 23 octobre) à Cultura (avenue d'Angers à Cholet 49) en duo avec mon cousin, Frédéric Biotteau illustrateur de la couverture d'A fleur d'âme, et j'espère vous y voir nombreux. Nous y serons de 14h à 19h donc n'hésitez pas à nous rendre visite... Discuter avec les gens est toujours un grand plaisir pour moi.
A bientôt
Sourire
Laëtitia

mercredi 29 septembre 2010

Eperdu d'un souvenir

Croquis réalisé par Frédéric Biotteau, cliquez sur l'image pour visiter sa galeriePerdu dans les vicissitudes de sa vie,
Il errait en peine sans rechercher l’espoir.
Aux confins d’un dégoût des envies assouvies,
Il tissait sans cesse des amours dérisoires.

Il traînait son malheur dans la rue des soupirs,
S’abandonnait aux draps des princesses fanées,
Dans leurs bras décharnés, il s’adonnait au pire
Sans tenter d’oublier ses douleurs surannées.

Egaré dans les décombres de son passé,
Il n’était plus qu’une ombre, un peu trop effacée,
Remplie d’idées sombres d’avoir vu trépasser
Celle qui dans ce monde rien n’avait remplacée.

Il vivait dans l’hier, regardait en arrière,
Sans pouvoir parvenir à lui dire au revoir.
A ses femmes d’un soir il faisait la prière
De continuer l’histoire en jouant l’illusoire.

Par l’entremise éphémère des gourgandines,
Toutes les nuits ainsi revenait sa promise,
Mais elle s’éteignait quand sonnaient les matines
Le laissant à sa routine et à ses hantises.

Il attendait alors que le jour meure enfin
Pour voir ressusciter son exquise chimère,
Mais l’esprit étourdi par ce cercle sans fin,
Il s’effondra dans sa pénombre imaginaire.

vendredi 24 septembre 2010

Colombe

Croquis réalisé par Frédéric Biotteau, cliquez sur l'image pour visiter sa galerie

Dans ces temps ancestraux où soufflait la misère,
Je suis née par le vent de toutes vos croyances.
J’étais cette fille que vous jugiez légère,
Je subissais l’envol de votre malveillance.

Avant vous j’ondulais doucement dans la bise,
Je n’étais qu’une oiselle oubliée de vos messes,
Je papillonnais sans écouter votre brise
Qui voulait m’asphyxier moi votre pécheresse.

A ma vue certains se sentaient pousser des ailes
Lorsque j’allais dans vos rues de zéphyr vêtue.
Quand dans les nuages ils déployaient leur zèle,
Vous voliez dans les plumes de ces « sans-vertu ».

Etouffant de jalousie face à ma beauté,
Vous m’accusiez d’envouter vos maris volages.
Amères de voir vos visages s’éventer,
Vous maudissiez le mien qui survolait les âges.

Vous m’adressiez sans cesse mille noms d’oiseaux,
Je ne supportais plus vos rafales de haine,
Et les pires rumeurs s’élevaient dans mon dos
Quand moi je n’aspirais qu’à un peu d’oxygène.

M’empêchant de respirer dans votre atmosphère
Vous m’avez traitée comme une pestiférée,
Je ne laissais pourtant pas planer de mystère :
J’étais l’hirondelle rêvant de liberté.

Je voulais juste flotter à contre courant,
Je n’étais pas celle que vous nommiez « Sorcière »,
J’espérais fendre l’air dans un sens différent
Mais ma seule prière a volé en poussière.

vendredi 3 septembre 2010

La plongée sous-marine d'A fleur d'âme

Bonjour à tous !
Certains d'entre vous le savent déjà mais depuis la sortie de mon premier recueil, A fleur d'âme, j'ai lancé un petit projet photo participatif. En fait je demande à ceux qui ont mon recueil de le photographier dans les lieux qu'ils aiment (lieux de vacances, endroits préférés ou même chez eux pourquoi pas). Les seules contraintes de ce projet sont : aucun visage (ou pas identifiable comme la photo ci-dessus) et bien sûr que l'on voit mon recueil. Si vous l'avez chez vous je serai ravie de recevoir vos photos par mail ( laetus79@free.fr ), c'est toujours un bonheur de découvrir les univers de chacun. Avec les photos que je préfère, je réalise des diaporamas accompagnés de musique ( le premier est en haut à gauche), cela me permet de faire une petite promo sympa.
En guise d'exemple je vous montre la photo la plus originale que j'ai reçu, je la trouve fabuleuse !!
Je compte donc sur vous pour me surprendre et faire voyager A fleur d'âme...
Merci à tous !!
Sourire
Laëtitia Berlioz

mardi 24 août 2010

L'amant songe

Oeuvre de Misstigri, cliquez pour afficher son blog
J’ai perdu la raison dans l’azur de vos yeux,
Je n’ai plus d’horizon que celui de nos jeux.
Je vous fais l’oraison d’abandonner vos cieux
Et d’ouvrir ma prison quels qu’en soient les enjeux.

Venez ma Dulcinée unir notre adultère,
Fuyons votre boudoir vers une belle histoire.
De nos amours cachées ne faisons plus mystère,
Je ne veux plus avoir à vous dire au revoir.

Offrez-moi les printemps de votre véraison,
Je les ferai fleurir plus loin que l’éphémère.
Ne laissez pas flétrir vos plus tendres saisons,
Votre fruit défendu me nourrit de chimères.

Ma mie, je vous en prie, exaucez mes espoirs,
Quittez votre épousé qui ne sait qu’être odieux.
Je ne vous ferai pas de promesses d’un soir,
Vous resterez toujours mon doux présent des dieux.

A vous je me dévoue, je vous en fais l’aveu,
La vie pour moi sans vous n’est qu’une déraison.
Veuillez réaliser mes rêves et mes vœux,
Vous choisirez ma flamme ou bien ma pendaison.

vendredi 20 août 2010

Un échange de sourires

Hier, sous un ciel magnifique de printemps,
J'ai rencontré celle qui offre les sourires.
Réchauffant les cœurs grâce à son âme d'enfant,
Elle a peint ma cité aux couleurs de son rire.

Elle venait souffler un vent de bonne humeur
Et contait sans lasser ses pensées un peu folles.
Elle écrivait ainsi les rêves des dormeurs
Pour les laisser s'enlacer dans ses hyperboles.

Elle faisait germer mille petits bonheurs
Dans ce jardin secret qui vous pousse à semer.
A fleur de peau je me sentais Dame d'honneur
De la princesse cultivant l'art de s'aimer.

J’ai pu alors me voir dans l’éclat de ses yeux,
Sans en croire les miens, j’y ai lu mon histoire.
J’ai ressenti l’instant comme un cadeau des cieux,
Je sais qu’il restera encré dans ma mémoire.

mardi 17 août 2010

Mon Eden

Le mur de la cité
Est encré de blessures,
De cette identité
Qu’on nous livre en pâture.

Même s’il est hanté
Par d’anciennes tortures,
Un vent de liberté
Adoucit sa nature.

Il vient nous emporter
Loin des lourdes bavures,
Où l’on peut tout tenter
Pour écrire un futur.

J’ai flâné exaltée,
Guidée par Epicure,
Dans ce lieu enchanté
De lacs et de verdure.

Dans ces rues fréquentées
Par toutes les cultures,
J’ai le temps d’un été
Oublié ma masure.

Quand Berlin j’ai quittée,
J’ai pleuré, rien ne dure,
J’aurais voulu rester
Au creux de ses murmures.

Maintenant habitée
Par ce nouvel azur,
Je suis la déportée
D’un monde à ma mesure.

J'ai pris ces deux photos à Berlin au mois de juillet pendant que je découvrais un morceau (d'un kilomètre) du mur conservé et repeint pour fêter les 20 ans de sa chute.

dimanche 15 août 2010

Quelques dédicaces réalisées par Frédéric Biotteau

Bonjour à tous !
Voici quelques dédicaces que Frédéric Biotteau, mon cousin et l'illustrateur de la couverture de mon recueil A fleur d'âme, a réalisées pour certains de ses proches. Je ne vous expose pas toutes celles qu'il m'a envoyées ici mais vous pouvez les découvrir dans mes photos sur Facebook.
Voici tout d'abord celle qu'il a réalisées sur le recueil de sa soeur :
Il a enchanté le recueil de l'une de nos tantes avec ce merveilleux croquis :
Il a donné des airs de "Petit Prince" à celui de mon fils de deux ans :

La sensualité affleure maintenant sur celui de mon homme depuis que Frédéric l'a dédicacé :
Pour finir voici la sublime dédicace qu'il a faite pour moi, imaginez mon émotion lorsque je l'ai découverte...Magique tout simplement !!
Un immense merci à toi Frédéric !!
Quel talent !! Quel travail fabuleux !!
Sourire
Laëtitia Berlioz

vendredi 13 août 2010

L'âme au fond

Ton sourire effacé,
Ton regard abîmé,
La roue de la souffrance
Sur toi vient s’acharner.
Dans ta bouche un goût rance,
Celui de tes blessures,
A quand la délivrance,
La fin de ces tortures ?
Cette chienne de vie
Et ses mauvais augures
Efface en toi l’envie
D’espérer le bonheur.
Le sort sans préavis
Vient ternir tes couleurs,
Sans raison il te frappe
Pour te noyer de pleurs.
Le malheur te rattrape
Toi qui n’es que bonté,
L’insouciance t’échappe
Femme de volonté.
Tu sais depuis l’enfance
Que le temps est compté
Et sans lui faire offense
Tu veux juste exister.

lundi 9 août 2010

Première séance de dédicaces pour A fleur d'âme

Bonjour à tous !!
J'ai eu la joie de faire ma première séance de dédicaces samedi 7 août à Cultura (Cholet 49) pour A fleur d'âme. Un expérience vraiment sympathique, d'autant plus que je n'étais pas seule : Mon cousin, Frédéric Biotteau, illustrateur de la magnifique couverture de mon recueil, m'accompagnait et faisait de superbes croquis.
Nous avons été très bien accueillis et nous sommes restés de 15h à 18h30. Cette séance s'est déroulées dans la bonne humeur, j'ai vraiment passé un bon moment.
Je tiens à remercier chaleureusement tous ceux qui sont venus !!! Merci du fond du coeur de nous avoir soutenus car il faut bien avoir que nous avions tous deux un peu le trac pour cette première.
Nous serons à nouveau en dédicace tous les deux à Cultura (avenue d'Angers à CHOLET 49) le samedi 23 octobre 2010 de 14h à 19h, je compte sur vous pour venir nombreux.
à bientôt...
Sourire
Laëtitia BERLIOZ

mercredi 7 juillet 2010

Article dans Ouest France


L'entretien avec Elisabeth Maffart était très sympathique. Je la remercie pour sa gentillesse et son professionnalisme.
Laëtitia Berlioz